Le droit à la déconnexion

droit d’auteur photo : 123rf.com/trueffelpix 29902550 - male is recovering in a deck chair

Le droit à la déconnexion instauré dans le code du travail est effectif depuis janvier 2017

Avec les progrès du numérique, le travail évolue ainsi que les comportements. Ce qui est sûr c’est que si les entreprises ne sont pas vigilantes, les conséquences d’un usage sans limite des outils numériques peuvent être graves pour la santé des salariés et par répercussion pour les entreprises.

Selon une étude Eleas de septembre 2016, 37% des actifs utilisent les outils numériques professionnels hors temps de travail, 62% des actifs réclament une régulation de l’usage de ces outils.

Ainsi, les téléphones et les ordinateurs ou autres tablettes qui envahissent les espaces privés des salariés, les transports en commun, et autres résultent-ils d’une pression de l’entreprise ou d’un bon vouloir des salariés ? Difficile de savoir, certainement un peu des deux, avec des différenciations selon les entreprises… Notons cependant que l’usage des outils numériques vient souvent amplifier des situations qui étaient déjà présentes, comme par exemple des lacunes d’organisation, l’incapacité à faire la part des choses entre ce qui est urgent/ce qui peut attendre, entre l’utile et l’expression d’un pouvoir ou d’une angoisse de la hiérarchie…

Des entreprises ont déjà mis en place des mesures, comme Wolkkswagen qui interdit tout envoi de messages 30 minutes avant la fin de leur journée et 30 minutes avant. Efficace ? On ne le sait pas, mais on peut voir cela comme un signe fort de l’entreprise, à mettre en regard avec sa culture et ses pratiques par ailleurs… Il est important cependant de faire la part des choses, et de trouver comment ne pas renforcer le stress, ou la culpabilité des salariés. Le Dr Dominique Servant, psychiatre au CHRU de Lille, auteur d’ouvrages sur le stress au travail, appelle à la prudence en rappelant que l’hyper-connexion peut présenter des dangers, mais pour certaines personnes cela peut être rassurant de continuer à recevoir des informations professionnelles en dehors du lieu de travail.

L’article L2242-8 du code du travail qui instaure le droit à la déconnexion concerne toutes les entreprises. Il ne consiste pas en une règle qui doit s’appliquer de manière uniforme mais invite les entreprises à se saisir du sujet, afin de trouver des pratiques qui conviennent à chacun. « La négociation annuelle sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail porte sur (…) les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos, de congé ainsi que la vie personnelle et familiale. »

Finalement, cet article du code du travail ne fait que rappeler des obligations qui sont déjà à la charge de l’employeur. L’enjeu est surtout de voir comment l’entreprise peut s’adapter au numérique tout en préservant la santé de ses salariés, en prenant des mesures qui permettent à chacun de trouver son équilibre, en respectant ses droits et ses besoins.

Ainsi, il est opportun de voir ce droit à la déconnexion comme une porte ouverte par le législateur aux entreprises pour qu’elles échangent sur ce sujet en interne et qu’elles accompagnent les changements nécessaires.

Sources et remerciements   Office et culture – Jacques Uso

Communiquer responsable

65483671 - be responsible cloud word on sky.

De plus en plus l’internaute, l’auditeur, le téléspectateur se montre critique vis à vis des messages commerciaux qu’il reçoit, qui polluent son espace.

Un rejet des publicités sur le web

Le pourcentage de personnes bloquant les publicités en ligne est en forte progression en France : en 2016, il est passé de 30% à 36% des internautes en seulement 10 mois, soit une hausse de 20 %. Ce chiffre est dévoilé par le bureau français de l’Interactive Advertising Bureau (IAB).

L’IAB France revient sur ce sujet avec une nouvelle étude réalisée en partenariat avec Ipsos (30 000 personnes interrogées et 11 000 répondants retenus). Cette progression concerne tout le monde : si ce phénomène est plus ancré chez les jeunes, ce sont désormais les personnes les plus âgées qui ont le plus recours à ces logiciels. La majorité des personnes interrogées (88%) se disent dérangées ou inquiètes du fait que leurs données personnelles soient récupérées et utilisées par des tiers. 78% déclarent que « l’essentiel c’est que cela soit bien encadré sur le plan légal ».

Pour communiquer responsable, il s’agit avant tout de prendre en considération le consommateur, de le respecter, et cela peut commencer par mieux appréhender ses comportements.

– Par exemple, s’inspirer des publications de l’organisation Coalition for Betters Ads (l’association mondiale fondée par 18 membres, dont les grandes associations (IAB Europe et Etats-Unis, American Association of Advertising Agencies) et les grands acteurs de l’industrie digitale (Google, Facebook). Son Objectif est de lutter contre l’essor de l’ad-blocking, qui met en danger l’économie numérique, et édicter de nouveaux standards pour la publicité digitale. En 2017 elle a publié les résultats de son enquête (25 000 internautes interrogés) sur les formats publicitaires les plus détestés des internautes, dans le but d’informer les annonceurs et les éditeurs de sites pour qu’ils délaissent les formats intrusifs au profit de publicités mieux acceptées.

Sur mobile, les formats publicitaires jugés les plus intrusifs par les internautes sont :

  • les pop-up,
  • les interstitiels à visionner avant d’accéder au contenu,
  • les publicités qui mobilisent plus de 30% de l’écran mobile,
  • les publicités qui clignotent,
  • les publicités vidéo en autoplay avec le son activé,
  • les publicités qui incluent un compte à rebours avant de pouvoir être fermées,
  • les publicités en plein écran visibles lors du scroll
  • et les sticky ads trop hautes.

– Se rapprocher de l’IAB, (Interactive Advertising Bureau), une association créée en 1998 dont la mission est triple : structurer le marché de la communication sur Internet, favoriser son usage et optimiser son efficacité. Elle publie des recommandations pour aider les annonceurs et agences dans les démarches sur le digital.
En savoir plus sur https://www.iabfrance.com/iab-france/

Autres bons réflexes :

Ne pas oublier que le téléspectateur, l’auditeur, l’internaute est un être humain, et qu’il reçoit les messages publicitaires de manière plus ou moins subie, plus ou moins ciblée selon le média

– Avoir les bons réflexes en création, contenu des messages, pour le média-planning, mais également dans les critères de paramétrages des campagnes, notamment digitales, afin de veiller à ne pas trop délivrer le même message sur les mêmes personnes, dans des contextes inappropriés, au risque de générer du rejet et que cela rejaillisse sur la marque.

– Prévoir une création adaptée et spécifique selon le média, le support ; par exemple éviter de diffuser un spot TV en « copié-collé » sur le web ; prévoir un format adapté aux différents types d’écrans, comme par exemple pour les smartphones, des vidéos courtes (pour limiter la consommation d’énergie) avec du sous-titrage (pour vivre sans son), dans un format « carré » (permettant la lecture à la verticale). Le making-off,  ou les films déclinés sous différents angles anticipés en amont en termes d’usage, permettent  d’optimiser une création.

– Sur le digital il est recommandé d’avoir des formats ciblés, que l’internaute peut skipper, et qui ne s’ouvrent pas au milieu de la page consultée (ce qui renforce les ad-blockers, qui à juste titre rejettent des pubs sur internet jugées trop intrusives).

– La data ne doit pas tuer la création, mais être à son service

  • Logique de différenciation des messages selon les cibles, les écrans
  • Logique de séquençage dans le temps (adresser une seconde création à ceux qui ont vu la 1ère, un 2nd message à ceux qui ont clické…)
  • Utiliser la possibilité de réadaptation des créations en cours de campagne (programatique notamment)
  • Privilégier le lien avec le contenu des pages consultées
  • Prévoir des formats skippables
  • Prévoir du caping
  • Etre vigilent dans les stratégies de retargetting

– Enfin, utiliser avec loyauté les données privées dans les démarches  marketing et commerciales.

Ad’hoc communication est sensible à proposer des campagnes responsables pour ses clients, et conseille ses clients en ce sens, pour le bénéfice des marques comme des consommateurs.